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L'aéroport de 1917 à 1950

L’aéroport de Montaudran, berceau de l’aviation commerciale

L’histoire de l’aéroport est dès le début intimement liée à l’histoire de l’aviation civile et de l’industrie aéronautique à Toulouse.

Le premier constructeur d’avions Latécoère s’installe à Toulouse en 1917 et donne naissance à un vrai complexe aéronautique toulousain. Dès 1918, il crée les "Lignes Aériennes Latécoère" qui utilisent une aire d’atterrissage à Montaudran, située en bordure des ateliers de construction. Toulouse devient alors la base principale du service aérien international France – Afrique occidentale – Amérique du sud, la tête de la plus longue ligne aérienne française.

Les lignes Latécoère auxquelles succède en 1927 l’Aéropostale, transportent d’abord le courrier, ensuite le fret auquel se joignent, à partir de 1920, les premiers passagers.  Mais ces derniers ne disposent au début que d’une caisse en bois comme salle d’attente. L’aéroport de Montaudran restera lié aux noms des célèbres pilotes aux exploits légendaires comme Mermoz, Guillaumet ou Saint Exupéry.

L’aéroport mixte à Francazal, un grand projet abandonné

Un deuxième aéroport est créé par l’Etat à Francazal en 1923. C’est ici que s’installent les Essais en vol de la Société Dewoitine fondée en 1920.

Situé sur un plateau ouvert, il a pour vocation de devenir un des grands aéroports de France, à la fois civil et militaire. La Chambre de Commerce qui a déjà subventionné sa création, se passionne vite pour ce projet : en 1932, elle obtient l’autorisation d’un emprunt d’un million de francs pour l’aménagement de la partie commerciale, et en 1933, elle signe même une convention avec le Ministre de l’Air sur la gestion du futur aéroport.

En effet, dès 1928 le Ministère de l’Air nouvellement créé invite les Chambres de Commerce à participer à la création et à l’aménagement des « ports aériens ». La loi du 20 juin 1933 les autorise ensuite à fonder et administrer les aérodromes. C’est le début des premières concessions… Hélas, à partir de 1933 le projet est abandonné, car l’aéroport de Francazal est définitivement réservé aux militaires.

Projet de l’aéroport de Toulouse-Blagnac

Pourtant, dès 1934 la nécessité de créer un aéroport civil devient une vraie préoccupation des pouvoirs publics… La Ville de Toulouse vote, dans sa délibération du 1er août 1934, la création d’un aéroport commercial à proximité de Toulouse et demande à la CCIT et au Conseil Général d’apporter leur aide. Très attachées à l’idée d’un aéroport à Toulouse, les trois collectivités locales parviennent, non sans conflits et tensions, à trouver un accord. Elles proposeront alors à l’Etat de financer le futur aéroport à hauteur de 50 %.

La Chambre s’assure au préalable que l’Etat tiendra la promesse de lui confier la gestion de l’Aéroport. En 1936, l’Etat retient le site de Blagnac et bientôt commencent les premières expropriations… Or, à l’approche de la guerre, en 1939, l’aérodrome de Blagnac est rapidement aménagé pour les besoins de l’armée. On construit deux pistes de 800 x 40m et un hangar de 70 x 50m. Une de ces deux pistes, la 15 33, sera agrandie pendant l’occupation allemande et constituera la piste n° 1 actuelle.

Après la guerre, en 1944, l’aéroport est définitivement réaffecté à l’aviation civile. L’Etat prend à sa charge les travaux d’infrastructure et la CCIT met au point, avec le concours du Service des Ponts et Chaussées, son projet définitif de l’aérogare. Mais en attendant sa réalisation, les baraques en bois existantes doivent être réaménagées comme aérogare provisoire.

  • Construction d’une piste de l’aérodrome de Toulouse-Blagnac, 1949 (Photographie de Jean Dieuzaide).

  • Vue aérienne de l’aérodrome de Blagnac. On y voit notamment les baraques en bois qui accueillaient les passagers [1946-49].(Photographie de Jean Dieuzaide)