ÔRIZON Le blog de l'aéroport de Toulouse-Blagnac
En coulisse chez les Techniciens de Maintenance de l'aéroport
Publié le 02 mars 2026
Jean-Jacques Swinkels dirige l’unité Maintenance Installations/Réseaux. Un service méconnu mais absolument vital pour le fonctionnement quotidien de l’aéroport. Rencontre avec un passionné, qui connaît les coulisses de la plateforme comme sa poche.
Pouvez-vous présenter votre unité ?
Jean-Jacques Swinkels : C’est une équipe de quatorze techniciens, tous spécialisés en électrotechnique. Notre rôle, c’est d’assurer la maintenance de l’aéroport au global. Les portes et portails automatiques, le contrôle d’accès, la sécurité incendie, la sonorisation, les 1 300 lignes de téléphonies fixes, les 400 points de diffusion de télé-affichage des vols, les 800 caméras de vidéosurveillance, les équipements de sûreté… Cela représente 6 000 interventions par an, dans plus de 80 bâtiments.
Votre parcours est fortement lié à l’aéroport…
J-J. S. : J’ai 58 ans, je suis arrivé en 1992, et j’ai fait ici toute ma carrière. Huit ans comme technicien, puis chef de section, et responsable d’unité depuis 2022. Ce que j’aime, c’est la relation humaine, j’ai une équipe solide, expérimentée et stable.
À quoi ressemble une journée dans votre unité ?
J-J. S. : Elle démarre à 5 h avec un technicien de permanence qui gère toutes les pannes urgentes. À 8 h, on fait un briefing : ce qui n’a pas pu être traité la veille, les interventions prioritaires, et la continuité du préventif. L’anticipation est une grande partie de notre travail. Ensuite, il y a les petites demandes internes. Préparer un nouveau bureau, installer la sonorisation d’un événement, ajouter des prises… L’aéroport, c’est presque une petite ville : on peut être amenés à intervenir partout.
Qu’apporte votre travail aux passagers, bien qu’ils ne vous voient jamais ?
J-J. S. : Le parcours passagers est notre priorité ! Le parking dont la barrière doit s’ouvrir, l’écran d’affichage qui évolue en temps réel, le portique de sûreté, la signalétique sonore… L’objectif, c’est que tout soit fluide pour que les passagers soient apaisés et sereins en attendant leur vol. Une sonorisation qui fonctionne peut sauver un voyageur en retard !
Quels sont les systèmes les plus critiques ?
J-J. S. : Ceux qui touchent à la sûreté comme le contrôle d’accès, l’inspection des bagages en soute ou les équipements de filtrage. Si une machine tombe en panne, un avion peut rester cloué au sol. À l’aéroport, rien ne doit s’arrêter. Nous devons donc être réactifs : prioriser, alerter les équipes opérationnelles et proposer des solutions immédiates.
En cas de gros incident, une équipe complète peut se mobiliser en un temps record. Les technologies évoluent vite. Est-ce un défi ?
J-J. S. : Totalement. Lorsque je suis arrivé, il y avait un seul ordinateur dans l’unité et une quinzaine de caméras. Aujourd’hui, tout est centralisé, connecté, enregistré. Les systèmes sont plus intelligents, plus sensibles, mais plus cyber-exposés aussi. La cybersécurité fait désormais partie intégrante de notre travail. C’est aussi ce qui rend le métier passionnant : apprendre en permanence.
Quelles qualités faut-il pour exercer cette profession ?
J-J. S. : Aimer les hommes et la technique, bien sûr, mais aussi savoir garder son sang-froid. Mon téléphone ne sonne que quand il y a un problème… et il y en a toujours un ! La capacité à écouter, à s’adapter, à collaborer est essentielle. Dans ce métier, on ne fait rien seul.


