ÔRIZON Le blog de l'aéroport de Toulouse-Blagnac

Vu à l'aéroport

Sur le tarmac de l'Aéroport Toulouse-Blagnac

Publié le 08 décembre 2025

Il est l’un de ceux que les passagers ne croisent jamais, mais sans qui aucun vol ne pourrait ni décoller ni atterrir. Rencontre avec Laurent Crinier, chef d’escale adjoint chez Aviapartner, véritable chef d’orchestre des opérations piste à l’aéroport de Toulouse.

Quel est précisément votre mission au quotidien ?  

Laurent Crinier : Je suis chef d’escale adjoint en charge des opérations côté piste, ce qu’on appelle communément l’airside. Cela comprend tout ce qui se passe autour de l’avion entre son arrivée et son départ. Je supervise également le service enregistrement, mais ma spécialité reste la coordination piste.

 

Justement, que se passe-t-il concrètement autour d’un avion à partir de l’instant où il atterrit ? 

L.C. : Dès qu’un avion touche le sol, notre priorité, c’est la sécurité. On commence par vérifier que le parking est propre : une simple roue de valise oubliée peut causer de lourds dégâts. Ensuite, le placeur - que l’on appelle aussi marshaler - guide l’avion avec ses bâtons lumineux. Lorsque les moteurs et les feux anticollision s’éteignent, le ballet débute : calage, cônes de sécurité, branchement de l’alimentation électrique, inspection visuelle…

 

Et ensuite ? 

L.C. : Les passagers débarquent, l’entretien de l’appareil est lancé, l’eau potable embarquée, les toilettes vidangées, et les bagages déchargés - à la main ou via loader selon le type d’appareil. Puis vient le moment du rechargement : une opération très encadrée pour respecter le centrage et l’équilibre de l’avion. Tout est millimétré.

 

Avec combien de compagnies collaborez-vous à Toulouse ? 

L.C. : Une trentaine, parmi lesquelles Air Canada, British Airways, Iberia, Ryanair, Lufthansa, ou encore Air Transat. Chacune a des procédures spécifiques. Pour un même type d’avion, les instructions de sécurité peuvent varier, et nos équipes doivent s’adapter en permanence.

 

Comment devient-on agent de piste ? Faut-il une formation particulière ? 

L.C. : C’est l’un des rares métiers où l’on peut commencer sans diplôme. On forme nos agents en interne, via l’Aviapartner Academy France. Il faut simplement être majeur, avoir un casier judiciaire vierge (et celui de sa famille aussi), être rigoureux, réactif et accepter les horaires décalés.

 

L’anglais est indispensable ? 

L.C. : Disons que c’est un plus très recherché. Toutes nos compagnies sont étrangères, donc les communications techniques se font en anglais. Notamment lors du push – qui consiste à repousser l’avion – où un agent équipé d’un casque guide le pilote qui n’a aucune visibilité vers l’arrière.

 

Votre quotidien semble rythmé. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ? 

L.C. : L’imprévu ! Chaque vol, chaque situation est différente. Même après 30 ans de métier, je ne m’ennuie jamais. Et puis, parfois, il y a des surprises. J’ai eu par exemple la chance de transporter Paul McCartney sur le tarmac, qui fredonnait pour sa fille, un moment totalement inoubliable.

 

Un mot pour les curieux qui aimeraient rejoindre vos équipes ? 

L.C. : Il faut aimer le mouvement, le travail en équipe, être attentif et volontaire. Rien n’est figé ici, et tout le monde a une chance s’il en a l’envie. C’est un métier discret mais essentiel, dans l’ombre des grands voyages.