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Matt Pokora, la scène dans les veines

Publié le 21 mai 2026

Vingt-deux ans de carrière, dix albums, des centaines de concerts, et toujours cette même flamme dévorante. Matt Pokora revient en 2026 avec l’Adrenaline Tour, un show d’un nouveau genre qui abolit toutes les barrières, entre performances époustouflantes et confidences touchantes. Après avoir récemment embrasé le Zénith de Toulouse, le performer se confie sur sa passion viscérale pour la scène et le lien privilégié qui l'unit à son public.

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Tu repars en tournée avec l’Adrenaline Tour. Qu’est-ce qui se cache derrière ce titre ?

Matt Pokora : Je fais des albums pour retrouver la scène. Partager mes chansons avec le public c’est ce qui m’anime le plus. J’ai choisi le titre Adrénaline, car c’est extactement ce que je ressens quand je suis face au public. C’est une sensation unique que je veux transmettre sur cette tournée si particulière. C’est la première fois qu’il n’y a aucune séparation entre la scène et les spectateurs, ce qui me permet de me balader partout dans la salle et les gradins pour être au plus près des gens.

 

Après plus de 20 ans de carrière, tu ressens toujours cette même soif de défis ?

M.P. : Vivre de sa passion n’a pas de prix alors je n’ai pas le droit de ressentir de lassitude vraiment. Je mesure tous les jours la chance que j’ai et c'est mon rythme de vie depuis mes 18 ans. Dans ma vie de tous les jours, quand je croise des gens qui me saluent et m’encouragent je suis encore plus motivé. C’est aussi ce qui me donne l’énergie d’aller toujours plus loin, de me réinventer à chaque fois. Je me suis construit comme ça.

 

Comment décrirais-tu ce show ?

M.P. : C'est un spectacle d'un nouveau genre. Le show est visuel et très généreux, on est dans le partage. On est parvenus à associer la communion avec le public, le fait de danser au milieu des allées avec les spectateurs et d’en inviter certains à monter sur scène. Visuellement, on en prend plein les yeux avec une scénographie magnifique, une structure imposante et des danseurs exceptionnels. C'est le show le plus abouti de ma carrière.

 

Tu évoques pendant le concert la symbolique de l’escalier, qui compose ton décor.

M.P. : Dans la carrière comme dans la vie, tous les gens que tu croises en montant les marches, tu les croiseras forcément en les descendant. La morale, c'est de respecter tous ceux que tu rencontres en restant humble et surtout de ne jamais oublier d'où tu viens. Rien n’est jamais acquis et la vie n'est pas qu'une ascension, il y a toujours des moments de doutes, de faiblesses, de perte de vitesse.

 

Ta proximité avec le public et ton aisance sur scène sont frappantes. Comment l’expliques-tu ?

M.P. : C’est ce que je suis, c'est naturel. L'avantage avec l'expérience, c'est qu'aujourd'hui j'arrive sur scène et je reçois tout, je ressens tout. Je peux être dans ma chorégraphie, dans mes paroles, et en même temps partager avec la personne à côté de moi tout en regardant le public dans les yeux. C'est comme dans le sport de haut niveau : les sportifs, à leur prime, voient le jeu se ralentir. J'ai l'impression d'en être là. Je peux percevoir plein de choses à différents niveaux pendant que je performe. En sortant de scène, je peux te dire exactement quelle lumière ne s'est pas allumée, quel danseur a modifié son déplacement, qui était au 1er rang…

 

Justement, ce public, il est très hétéroclite, avec parfois trois générations. Comment gères-tu cette évolution ?

M.P. : J'ai 40 ans et j’évolue avec mon temps, tranquillement, sans chercher absolument à capter la jeune génération. Je veux continuer à être un artiste qui rassemble les familles et grandir avec eux. Ce qui m'intéresse, c'est de continuer à avancer sans renier les sonorités qui sont les miennes. Comme l’ont fait certaines références avant moi, Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday ou Patrick Bruel.

 

Quelles sont tes inspirations aujourd'hui ?

M.P. : Je suis davantage connecté avec les textes maintenant. Quelqu'un qui m'a beaucoup inspiré cette dernière décennie, c'est Chris Martin de Coldplay. Tu peux en mettre plein les yeux avec le show, mais garder ce côté naturel d'être soi, de blaguer avec le public comme on le ferait avec des amis. Cette sérénité, cette maturité, c'est ça que j'ai envie que les gens ressentent.

 

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Matt Pokora

 

Tu es de retour en France à plein temps. Los Angeles te manque ?

M.P. : Je suis toujours resté en France. Los Angeles, c’est pour mes moments d’évasion, de respirations. Là-bas, personne ne me reconnaît. Je peux avoir une vie des plus normales. Je n'ai pas eu le temps d’y penser car je suis tellement dans le tourbillon du travail, de mes rôles de papa et de mari... Mais je dirais peut-être que le soleil et aller voir les Lakers me manquent, parce que je suis un vrai fan de basket.

 

Tu as participé à un téléfilm sur Oradour-sur-Glane qui sera prochainement diffusé sur TF1. C'est important pour toi ?

M.P. : C'est un devoir de mémoire essentiel. C’est un sujet qui m’a touché parce qu’on parle du plus grand massacre de civils français durant la seconde guerre mondiale, une tuerie totalement gratuite. Avec ce film, j’avais envie de contribuer à faire perdurer la mémoire pour ne jamais oublier ce que qu’il peut y avoir de pire chez l’être humain. À une époque où nous sommes submergés d’informations, rien ne reste vraiment ancré. Un malheur pousse un autre malheur. Je pense qu’un film permet d’ancrer justement un peu plus les choses.

 

D’ailleurs tu passes des messages forts en concert.

M.P. : Ma volonté, en tant que chanteur, c'est de prôner la bienveillance et l'ouverture d'esprit. Que les gens réapprennent à regarder leur voisin dans les yeux, à sourire. Si je peux, au travers de mon métier, éveiller les consciences sur le fait que c'est toujours mieux de vivre en étant attentif à l’autre, alors je me sentirais utile.

 

Tu rêves de jouer un rôle en particulier ?

M.P. : Tourner n'est pas une nécessité absolue, je veux conserver le côté plaisir. Mes inspirations ? Tom Hanks dans Forrest Gump et Shia LaBeouf dans The Peanut Butter Falcon. Des rôles qui touchent à l'universel et à l'humain. Je suis toujours attiré par des rôles à contre-emploi. Certainement mon gout du défi.

 

Un voyage qui t'a particulièrement marqué ?

M.P. : Lors d'un tournage de clip au Panama, dans un ghetto, où les gens ont été tellement accueillants, parents comme enfants, prêts à tout partager avec nous, avec une convivialité qui m'a profondément marqué. Idem à Cuba avec la scène de foot du clip d’À nos actes manqués. Elle s'est improvisée avec des enfants qui étaient là. Ça a été un moment fort et hyper joyeux. Ces rencontres authentiques nourrissent une vie.